Praxis organise des groupes de responsabilisation sur toute la partie francophone du pays. Deux formules existent : les "Groupes Ouverts" (Bruxelles, Liège, Verviers, Huy, Mons et Charleroi) et les "Groupes Fermés" (Autres localités). Les groupes sont constitués d'un maximum de 9 participants (judiciarisés et volontaires) et sont animés par deux professionnels.
L’objectif général des groupes est la responsabilisation, repris dans un engagement auquel doit souscrire chaque participant, signifie:
- cesser toute forme de violence physique et diminuer toute autre forme de violence (psychologique, contrôle, financière...),
- reconnaître ses attitudes et actes de violence ainsi que leurs impacts sur eux-mêmes et sur leur entourage,
- identifier et modifier les idées, principes et croyances qui autorisent le recours à la violence,
- développer sa capacité à exprimer diverses émotions,
- comprendre les liens entre alcool et comportements violents.
Ce travail de responsabilisation repose sur divers outils :
- le récit du dernier incident de violence
- la tenue d’un journal de responsabilisation (dans les groupes ouverts)
- la description des diverses formes de violences agies et/ou subies
- l’utilisation des attitudes et comportements dans le groupe.
Le récit de l’incident met la violence au centre du travail : il est souvent considéré par les participants comme une réelle mise à l’épreuve. ce n’est pas tant la narration de l’incident en lui-même qui nous intéressera mais sa contextualisation, entre autres, par la description des émotions, des sentiments vécus par l’agresseur avant, pendant et après l’incident.
Le journal de responsabilisation est exigé avant chaque séance : il doit être complété chaque semaine par le participant. Il a pour objectifs d’impliquer le participant toute la semaine dans le travail, lui indiquer que des changements concrets sont attendus « sur le terrain », et qu’il dispose d’un lieu (le groupe) pour parler de ses difficultés, de ses avancées. C'est aussi un entraînement pour prendre conscience de son vécu émotionnel au quotidien.
Les attitudes et comportements dans le groupe sont utilisés par les animateurs comme le miroir des attitudes et comportements dans la vie sociale, familiale. En ce sens, ils constituent un excellent indicateur des agirs des participants dans la vie sociale. En cas de contradiction entre le «dire» et l’«agir», les animateurs accorderont la priorité à l'«agir».
En fin de groupe, le participant recevra l’évaluation de ses pairs, formulera son évaluation et les animateurs lui proposeront un bilan et des recommandations. Cette évaluation ponctuera la première phase du travail de responsabilisation.