Mythes et réalités

La violence conjugale et intrafamiliale est un problème qui touche uniquement certains groupes et certaines couches de la société
La violence conjugale se retrouve dans toutes les couches de la société, indépendamment de l'âge, de l'origine ethnique, de la scolarité et du niveau socio-économique, du sexe ou encore de l'orientation sexuelle (homo,hétéro,..). Il n'y a pas de caractéristiques particulières. Ce peut être n'importe qui. Une personne qui violente son/sa partenaire peut aussi être un(e) ami(e) charmant(e) ou un(e) collègue agréable en dehors du foyer.

Les auteurs de violence dans le couple ou la famille sont des hommes/femmes violent(e)s dans toutes les sphères de la vie.
Avoir eu des comportements violents à l'égard de son partenaire ou d'un
membre de la famille ne veut pas dire que l'on est violent en soi,
c'est-à-dire à tout moment et avec n'importe qui, que ce soit en
public, sur le lieu de travail ou au domicile. Bien que ces actes et
ces attitudes soient inacceptables, il y a également derrière une
personne avec une histoire, un vécu, une personnalité, des envies, des
besoins et un contexte particulier (de couple, familial) dans lequel
ces violences apparaissent.


La violence conjugale et familiale est une perte de contrôle
Au contraire d'une perte de contrôle, la violence a pour but de renforcer le contrôle sur la victime, particulièrement quand l'emprise sur l'autre est mis en danger par un contexte particulier (ex: risque de séparation). Même si la personne qui a exercé de la violence regrette dans l'après-coup et a eu le sentiment que "ça lui échappe", il n'empêche qu'il a fait le choix délibéré de recourir à ce comportement plutôt qu'à un autre plus adéquat et moins nuisible pour l'autre.


Les femmes sont aussi violentes que les hommes dans le contexte conjugal.

Même si les femmes peuvent exercer également de la violence dans leur couple ou dans leur famille, beaucoup plus de femmes que d'hommes sont victimes de violence conjugale. La nature et les conséquences des incidents violents sont plus graves pour les victimes féminines que pour les victimes masculines.

La violence conjugale est un problème d'ordre privé.
La violence conjugale est un problème d'ordre social. C'est un crime condamné par la loi.

La jalousie est une preuve d’amour.
C'est plutôt une preuve que l’auteur de violence manque de confiance en lui et en son/sa partenaire. Lorsqu'elle s'aggrave, la jalousie manifeste une volonté de posséder l'autre. L’auteur de violence considère que son/sa partenaire lui appartient.

L'homicide conjugal est un drame passionnel, un acte de désespoir, un geste d'amour. C'est un acte isolé et désespéré.
L'homicide conjugal est un meurtre, souvent prémédité. Il constitue souvent l'aboutissement d'une longue relation de violence et de domination; il est la pointe de l'iceberg de la violence conjugale.

La violence conjugale est une dispute de ménage.
La dispute de ménage est l'expression d'une mésentente entre deux personnes « égales » qui peut se manifester par la colère ou l'agressivité. La violence conjugale met en scène deux personnes dont le pouvoir est « inégal ». Elle vise à dominer l'autre, à le soumettre, à inspirer la peur.

La violence convient aux victimes, sinon elles quitteraient leur partenaire
Personne n’aime être violenté. Il existe de nombreuses raisons qui empêchent les victimes de quitter leur partenaire. Par exemple, certaines se sentent coupables de la violence qu'elles subissent ou ont peur de ce qui les attend en cas de départ (représailles, manque d'argent, difficulté à trouver un emploi, un logement, etc.). D'autres aiment toujours leur partenaire, veulent croire à ses promesses de changement, ou encore ne veulent pas séparer les enfants de leur père/mère.

Les femmes provoquent souvent les agressions de leur conjoint et elles reçoivent ce qu'elles méritent.
Il n'y a pas de provocation, sinon des événements déclencheurs qui deviennent des « prétextes » à la violence. Si la personne ne supporte pas certains comportements de son ou sa partenaire ou se sent provoqué, il n'a pas pour autant le droit de l'agresser. Le partenaire qui recourt à la violence est totalement responsable de sa manière de réagir aux attitudes de l'autre. Personne ne mérite de subir de la violence.

L'usage d'alcool ou de drogues et le stress sont les principales causes de la violence conjugale ou familiale.
L’alcool ou les drogues ne rendent pas violent. L’usage de ces substances peut amener une personne à exprimer plus rapidement et plus intensément des émotions difficiles à gérer (colère, tristesse,...), déjà présentes à l’intérieur d’elle-même. Cela favorise une levée de l'inhibition et une tolérance plus basse. Beaucoup de personnes consomment ces substances sans avoir jamais recours à la violence et à l’inverse, d’autres exercent des violences sans consommer.

Le conjoint violent a des problèmes psychiatriques.
Un faible pourcentage de conjoints violents a des problèmes psychiatriques. La violence n’est pas une maladie, c'est généralement un comportement choisi qui vise à contrôler et soumettre l'autre. Le partenaire y recourt pour imposer ses vues, résoudre les conflits à son avantage.

Après sa participation à une thérapie, le conjoint violent a réglé son problème de violence.
La thérapie n'est pas un moyen miracle. La thérapie n'est qu'une amorce de changement. Cela dépend de la personne, seule actrice de son propre changement.

Les enfants sont forts. Ils finissent par oublier le traumatisme de l'exposition à la violence conjugale.
Plus de la moitié des enfants exposés à la violence conjugale répondent à tous les critères du syndrome post-traumatique; la majorité des autres enfants présentent des symptômes liés à ce syndrome.